Les pays africains s’engagent à éradiquer toutes les formes de polio
27-08-2021 11:14:00 | by: Pascaline Icyizere | hits: 1116 | Tags:

Les gouvernements de la Région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se sont engagés à éliminer toutes les formes de poliomyélite qui subsistent, et ont présenté un tableau de bord conçu pour suivre les progrès accomplis en vue de l’éradication du virus. Ces engagements ont été pris lors d’une réunion consacrée à la lutte contre la poliomyélite organisée dans le cadre de la soixante et onzième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique.

Alors que la Région africaine a été certifiée exempte de poliovirus sauvage il y a un an, après quatre années consécutives sans nouveau cas, des flambées de poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale (PVDVc) continuent de se propager, notamment au sein des communautés où un nombre insuffisant d’enfants ont été vaccinés contre la poliomyélite. Le nombre de cas a augmenté l’année dernière, en partie à cause des perturbations des campagnes de vaccination contre la poliomyélite causée par la COVID-19. Depuis 2018, 23 pays de la Région ont été touchés par des flambées et plus de la moitié des 1071 cas de PVDVc dans le monde ont été enregistrés en Afrique.

« En tant que Président de l’Union africaine, je suis résolu à travailler de concert avec les autres pays dans le but de préserver les acquis obtenus grâce à nos efforts multiples dans la lutte contre la poliomyélite et d’éradiquer toutes les autres formes de cette maladie en Afrique. Une fois cette ambition réalisée, nous serons en mesure de dire que nous avons tenu notre promesse, à savoir assurer un avenir plus sûr et en meilleure santé pour tous nos enfants », a déclaré Son Excellence M. Félix Tshisekedi, Président de la République démocratique du Congo. 

Lors du Comité régional, les pays ont discuté de la manière d’amorcer la mise en œuvre de la nouvelle Stratégie d’éradication de la poliomyélite 2022-2026 lancée en juin pour stopper de toute urgence la propagation des poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale. La stratégie décrit divers outils et tactiques visant à endiguer les épidémies :

  • accélérer et améliorer la qualité de la riposte aux flambées épidémiques, notamment par le déploiement rapide de personnel de renfort du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique à l’appui des pays dès que des flambées sont détectées ;
  • intégrer davantage les campagnes de lutte contre la poliomyélite à la prestation des services de santé essentiels et à la vaccination systématique afin d’atteindre les enfants qui n’ont jamais été vaccinés, de contribuer à instaurer un climat de confiance au sein des communautés et d’améliorer le taux de couverture du vaccin antipoliomyélitique ;
  • accélérer le déploiement du nouveau vaccin antipoliomyélitique oral de type 2 (nOPV2), un nouvel outil qui pourrait endiguer plus durablement les flambées dues à des poliovirus circulants dérivés de souches vaccinales de type 2, qui sont les plus répandues. À ce jour, six pays d’Afrique ont déployé le vaccin. Près de 40 millions d’enfants ont été vaccinés et aucun problème d’innocuité n’a été relevé.

« La poliomyélite ignore et méprise les frontières. Sa présence dans n’importe quel coin ou recoin de notre région constitue une menace pour tous les pays. Le Togo s'engage à travailler avec nos partenaires régionaux et à agir de toute urgence pour mettre en œuvre des meilleures campagnes de lutte contre la polio et protéger les enfants dans toute l'Afrique. Avec une action collective, nous vaincrons toutes les formes de polio », a déclaré le Professeur Moustafa Mijiyawa, ministre de la santé du Togo.

Le tableau de bord lancé par le Comité régional permettra de suivre les indicateurs de la mise en œuvre d’une riposte rapide et de qualité aux flambées de poliomyélite, de la préparation à l’introduction du nOPV2 lorsque le nouveau vaccin pourra être utilisé à plus grande échelle, du renforcement de la vaccination systématique pour combler les lacunes en matière de vaccination, et de la transition des actifs consacrés à la poliomyélite vers les systèmes de santé nationaux selon une approche stratégique et progressive. Les ministres se sont engagés à examiner régulièrement les progrès réalisés sur chacun de ces indicateurs afin d’assurer une réussite collective dans la clôture en toute urgence du processus d’éradication de la poliomyélite et dans la garantie d’un avenir sans poliomyélite pour chaque enfant de la Région.

« Notre succès dans l’éradication du poliovirus sauvage dans la Région témoigne de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous œuvrons de concert en ayant pleinement conscience de l’urgence. La COVID-19 a menacé cette victoire, dans la mesure où les gouvernements ont travaillé d’arrache-pied pour limiter la propagation de la COVID-19 en suspendant certaines campagnes de vaccination. Néanmoins, nous ne pouvons pas hésiter, et grâce à une détermination renouvelée, nous pouvons surmonter les derniers obstacles qui compromettent nos chances de succès. Nous disposons du savoir-faire, mais il doit être adossé à des ressources humaines dévouées pour atteindre toutes les communautés sous-vaccinées et faire en sorte que tous les enfants s’épanouissent dans un monde exempt de poliomyélite. Ensemble, nous pouvons aider le monde à venir à bout de la poliomyélite », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

Près de 100 millions d’enfants africains ont été vaccinés contre la polio depuis juillet 2020, après que certaines activités ont été suspendues à cause de la pandémie de COVID-19.

Le Comité régional a également étudié les moyens d’accélérer la transition des infrastructures de lutte contre la poliomyélite vers les systèmes de santé nationaux, afin qu’elles puissent continuer à favoriser la vaccination et la surveillance des maladies après l’éradication de la poliomyélite. Le programme de lutte contre la poliomyélite a toujours soutenu la riposte aux nouvelles menaces sanitaires dans la Région, notamment la maladie à virus Ebola et la COVID-19, et la moitié du personnel de renfort affecté à la lutte antipoliomyélitique épaule actuellement les pays dans la surveillance de la COVID-19, la recherche des contacts et la participation communautaire.

« Nous devons augmenter l’implication politique et financier des gouvernements et des partenaires afin de parcourir les derniers kilomètres nous séparant de la fin de toutes les formes de poliomyélite », a déclaré le Dr Tunji Funsho, président du Comité national PolioPlus du Nigéria. « Nous devons atteindre plus d’enfants, plus rapidement et entièrement, afin de ne pas seulement endiguer les flambées promptement, mais aussi d’étendre la couverture vaccinale et de donner aux enfants une protection durable contre cette maladie évitable. »

Dr Moeti s’est exprimée à l’occasion d’une conférence de presse en ligne organisée par APO Group. Elle a été rejointe par le Professeur Moustafa Mijiyawa et le Dr Tunji Funsho. Étaient aussi présents pour répondre aux questions le Dr Pascal Mkanda, coordonnateur du Programme d’éradication de la polio au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Richard Mihigo, coordonnateur du Programme de vaccination et de mise au point des vaccins, et le Dr Thierno Balde, Responsable adjoint des opérations de réponse à la COVID-19 au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

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