La BOAD mise sur le solaire avec le PPIPS
08-08-2022 09:39:00 | by: Marlene Mutimawase | hits: 1639 | Tags:

Le Programme de Promotion des Investissements Privés dans le secteur des Energies Solaires (PPIPS) vise les 6 pays de l’UEMOA les moins avancés en terme d’accès à l’énergie : le Bénin, le Burkina, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, et le Togo.

Son objectif est de créer un cadre favorable à l’investissement privé dans le secteur des énergies solaires, en levant les barrières financières et techniques qui s’y opposent. Le PPIPS représente un investissement total de près de 165 milliards de FCFA auquel la BOAD contribue à hauteur de 40 milliards de FCFA.

Ce programme climat destiné au secteur privé permettra d’éviter l’émission de 4,8 millions de tonnes de CO2 équivalent (TCO2eq) participant ainsi à la mise en œuvre des Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) de nos Etats membres.

En Afrique de l’Ouest, près de la moitié de la population n’a pas accès à l’électricité. Les six (06) pays ciblés par le PPIPS font face à une véritable insécurité énergétique due à une faible production et à une forte dépendance à l’égard des combustibles fossiles, qui engendrent un coût élevé de l’électricité. Une situation qui impacte négativement le processus de développement durable de la Région.

Seuls, les pouvoirs publics sont incapables de pallier à l’ensemble des problèmes qui découlent de cette situation car ils ne disposent pas des ressources financières suffisantes et adaptées. Il est donc urgent de parvenir à attirer des investisseurs privés en vue de renforcer et de diversifier la production d’électricité propre dans la Région.

L’un des principaux avantages de l’énergie solaire, en comparaison aux énergies fossiles, est évidemment son caractère inépuisable. Mais cette énergie renouvelable a également le mérite d’avoir une des meilleures empreintes carbones. En effet l’énergie solaire ne rejette presque pas de C02 dans l’atmosphère, par conséquent elle ne contribue quasiment pas au réchauffement climatique.

Seules la production des panneaux solaires et la fabrication des batteries résultent de processus industriels émetteurs de CO2. L’ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées au cours du cycle de vie de l’énergie solaire reste tout de même 96 % moins élevé que le charbon, et 93% moins élevé que le gaz.

Outre ses bienfaits écologiques, l’énergie solaire constitue également un moyen de réaliser des économies. Contrairement aux idées reçues, son coût a chuté de 96 %* entre les années 2000 et 2019. Les installations solaires sont généralement amorties au bout de 13 ans, et ont une durée de vie de 30 ans, elles peuvent donc permettre d’économiser l’équivalent de 17 années de consommation d’électricité.

Le PPIPS mise sur le potentiel de production d’énergies solaires des pays ciblés en fournissant aux acteurs du secteur privé un soutien technique (formation, sensibilisation, marketing) et financier (prêts directs concessionnels). L’accroissement des investissements privés dans les énergies solaires porté par le programme repose sur une approche de financement innovantqui vise à atténuer les risques des entrepreneurs mais également ceux des financiers.

Le coût total du Programme est de 164,958 milliards de FCFA. Il est financé par le Fonds Vert pour le Climat à hauteur de 40,014 milliards (37,390 milliards de prêt concessionnel et 2,624 milliards de don) ; la BOAD apporte un cofinancement de 40 milliards de FCFA ; pour le bouclage du financement, les institutions financières locales et les acteurs du privé participeront à hauteur de 83,963 milliards soit 50% du coût global du projet.

Au début du programme, le solaire ne représentait que 5% du mix énergétique de la Région. A son terme, les pays cibles devraient parvenir à quadrupler leur capacité de production d’énergie solaire.

L’objectif à l’horizon 2030 est d’atteindre une capacité de 1 192 MW. De quoi réduire la dépendance de ces pays aux énergies fossiles et renforcer le poids du solaire dans le mix énergétique de la Région.

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