Deux projets routiers désenclavent d’importantes zones agricoles de la RDC, avec le soutien de l'AfDB
23-05-2022 09:26:00 | by: | hits: 2424 | Tags:

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Au début des années 2010, Godelive Ngalula, commerçante à Kikwit, ville principale de la province du Kwilu, en République démocratique du Congo, mettait une semaine pour effectuer quelque 350 kilomètres en direction de Tshikapa, dans la province du Kasaï. Elle dépensait 50 000 francs congolais (environ 24,5 dollars américains) pour se nourrir pendant le voyage. Dix ans plus tard, la donne a changé.

« Avec le bon état de la route, le trajet ne dure qu’une journée environ. Le coût du transport a chuté, de 80 à 20 dollars, et je ne dépense, pour la nourriture, que 2 000 francs congolais, soit un dollar », confie-t-elle, avec satisfaction.

À Lukaka, dans la même province du Kasaï central, Madeleine Mahamba, elle, ne vit plus le cauchemar de la quête d’eau potable. À quelques pas de chez elle, jaillit désormais suffisamment d’eau pour couvrir ses besoins. Auparavant, Madeleine devait se rendre, tôt le matin, à la source de Makode, à cinq kilomètres de son village.

« Cela nous prenait presque deux heures pour l’aller-retour, raconte-t-elle. Maintenant, nous n’avons plus de soucis pour nous approvisionner en eau. Même durant les travaux champêtres, nous avons de quoi boire. »

Kikwit et Lukaka, zones agricoles du pays, ont bénéficié de deux aménagements routiers, qui les ont désenclavées et amélioré le quotidien des populations à travers la mise en œuvre de deux projets : le Projet d’aménagement de la route Batshamba-Thiskapa, section Lovua-Tshikapa (56 km) et le Projet d’aménagement de la route Tshikapa-Mbuji Mayi, section Tshikapa-Kamuesha (87 km) et de réhabilitation des infrastructures agricoles et rurales connexes.

Les deux projets ont été réalisés en zone rurale entre Lovua et Katshongo (47 km) et dans la ville de Tshikapa (9 km), soit un linéaire total de 56 kilomètres pour la section Lovu-Tshikapa. Par ailleurs, l’aménagement de 87 kilomètres a concerné la section Tshikapa-Kamuesha dans les provinces du Kasaï (central et oriental).

Approuvé en 2012 par les administrateurs du Groupe de la Banque africaine de développement, le premier projet, qui doit s’achever en 2022, a bénéficié d’un financement concessionnel de 99,3 millions de dollars du Fonds africain de développement. Le second, approuvé en 2014, et arrivant, lui aussi, à terme l’an prochain, a reçu un appui de 105,8 millions de dollars du Groupe de la Banque. Les travaux sont quasiment achevés (99,3% et 95% de taux de réalisation). Certains travaux connexes, comme les rampes d’accès sur la rivière Lovua (axe Shambwanda-Tshikapa, 75 km) sont terminés.

« Grâce aux différents travaux, la population vit à moins de deux kilomètres d’une route praticable en toute saison, précise Solomane Koné, directeur général adjoint pour l’Afrique centrale et Responsable-pays de la Banque africaine de développement en RDC. Le trafic automobile a repris de façon spectaculaire, en provenance de Kinshasa et de Kikwit en un temps réduit. Cela a revitalisé le secteur économique (…) Les produits manufacturés et vivriers abondent. Globalement, le prix des marchandises et le coût de la vie ont même baissé à Tshikapa et Kamuesha. »

Afin d’améliorer les conditions sanitaires et d’enseignement dans les zones d’intervention, la Banque a construit et équipé les écoles le long de la route des projets ainsi que des centres de santé et des centres multifonctionnels.

Philomène Mwamba, coordonnatrice de l’Association pour la défense des droits des enfants, des femmes et opprimés (ADEDEFO) est bénéficiaire d’un centre multifonctionnel. Elle affiche sa satisfaction : « C’est un vieux rêve qui se réalise ! » Son association propose désormais plusieurs filières d’apprentissage et d’encadrement professionnel (coupe-couture, menuiserie, cordonnerie). Désormais, elle peut organiser des activités. « Nous pouvons augmenter le nombre de nos filières et donner la possibilité à tous de s’inscrire. Nous tenons à remercier la Banque africaine de développement », conclut-elle.

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